Discours d'ouverture de Roland HEGUY, président confédéral de l'UMIH, au 65e congrès de l'UMIH à Reims

28/11/17

Mme le député,

M. le maire,

Mesdames, Messieurs, chers amis

Je suis très heureux de me trouver une nouvelle fois parmi vous pour ouvrir notre 65è congrès.

J’ai face à moi les hommes et les femmes qui représentent toute notre profession. Devant les administrations, devant les pouvoirs publics, devant l’opinion.

Ce n’est pas une proclamation en l’air. C’est un constat à l’issue de la réforme de la représentativité patronale. Les résultats officiels seront connus d’ici quelques jours. Mais nous pouvons d’ores et déjà vous annoncer que nous représentons les trois quarts des entreprises adhérant à un syndicat patronal. Aujourd’hui nous pouvons le dire : l’UMIH représente la profession dans toute sa diversité !

Nous pouvons, et nous devons, nous réjouir de ce résultat. Il est le fruit de notre travail, de votre travail quotidien auprès des professionnels. Il est également le fruit du travail mené tous ensemble depuis trois ans pour répondre à cette enquête.

Alors, vous comprenez que je sois fier d’être le président de l’UMIH. Et vous aussi, soyez fiers d’être élus UMIH !

Cette place de numéro un, je vois aussi les responsabilités qu’elle implique. Des responsabilités que nous partageons tous. Car notre statut de 1ere organisation rejaillit sur vous, dans vos départements. Il faut que vous mesuriez bien ceci : quand on est le premier, on doit être le meilleur. Vous agissez au nom de tous les professionnels de votre territoire.

Alors, oui, nous n’avons pas droit à l’approximation quand on représente la profession, quand on représente des milliers d’entreprises. Nos mains ne doivent pas trembler quand nous prenons une décision, quand notre signature engage toute la profession.

Je vous demande d’être conscients de ceci : l’UMIH arrive à son 65e congrès avec un nouveau statut : quand l’UMIH parle, c’est la profession qui parle. 220 000 entreprises, plus d’un million d’actifs. Audiard disait d’ailleurs « quand les types de 130 kilos parlent, les types de 60 kilos écoutent. »

Pendant les dernières années, l’UMIH est devenue un pôle fédérateur pour beaucoup d’organisations de notre secteur. Il fallait aussi nous rassembler pour faire face à de nouveaux défis.

Et des défis, il y en a un qui se prépare. Il est de taille. C’est le regroupement des branches qui est imposé par la loi à tous les secteurs et qui doit être réalisé à partir de 2019. Nous allons devoir nous allier avec d’autres organisations sectorielles qui partagent nos objectifs. Il faut se préparer dès maintenant. Nous et vous. Et il y a du boulot.

Certains se sont peut-être étonnés de découvrir que cette année, le tourisme était le thème du congrès du syndicat des cafetiers, hôteliers, restaurateurs et établissements de nuit. Ils ont eu raison de remarquer cela.

C’est une conséquence de notre volonté de réussir, dès maintenant, en anticipant, en nous unissant avec des partenaires que nous aurons choisis. Mais c’est aussi un volet du processus de modernisation dans lequel j’ai engagé l’UMIH et pour lequel vous m’avez renouvelé votre confiance.

Notre but, il reste le même. C’est de servir, représenter, défendre et promouvoir, les cafetiers, les hôteliers, les restaurateurs et les exploitants du monde de la nuit. Et ce but, nous n’en dévions pas. A aucun moment ! Pour le poursuivre avec la même énergie, nous devons faire évoluer nos moyens d’action.

Aujourd’hui, nous devons penser nos métiers dans un horizon plus large qui est celui du tourisme. Bien sûr, nos métiers ne sont pas tout le tourisme. Mais quand on est pour 60 % dans le chiffre d’affaires touristique de la France, non seulement on a la légitimité pour parler du tourisme. Mais on en a aussi le devoir !

Je m’en suis déjà ouvert à vous.

Nous vivons une évolution de l’UMIH. Pas une rupture. Surtout pas une rupture. C’est un moment-clé de plus qui va façonner l’UMIH. Dans la vie d’une organisation comme la nôtre, ces moments-clé arrivent de deux manières.  Soit, ils sont le fruit d’une volonté politique. Soit ils sont dus à une évolution naturelle, ce qu’on appelle « la force des choses ». Il y a souvent un peu des deux. Comme je vous l’ai dit. D’un côté, un changement institutionnel qui impose le regroupement des branches. Et d’un autre côté, notre volonté de passer à une nouvelle dimension.

Il y a eu d’autres moments comme celui-là dans l’histoire de l’UMIH. Ils ont transformé durablement notre organisation sans jamais la faire dériver de son but d’origine. A chaque fois, notre champ d’action s’est élargi mais l’UMIH est restée toujours elle-même.

Dans le changement, il y a souvent plus de continuité qu’on croit, la permanence est toujours plus forte qu’on l’imagine. On pense que la Révolution française a tout bouleversé. Dans son ouvrage L’Ancien régime et la Révolution, Tocqueville montre que les structures administrative créées sous la Révolution sont en fait héritées de l’Ancien Régime. Ce que je veux expliquer avec cet exemple, c’est que, souvent, les changements sont des aboutissements.

A l’UMIH – toutes proportions gardées - c’est pareil. A travers les changements, elle est restée elle-même : elle s’est adaptée et a conservé son identité. Et si elle est la principale organisation aujourd’hui, c’est parce qu’elle a su s’adapter.

Vous trouvez cela un peu abstrait ? Je vais illustrer mon propos et vous verrez qu’à travers tous ces changements, l’UMIH reste dans ses missions fondamentales. Ces moments-clés, j’en vois six dans l’histoire de l’UMIH.

Premier moment clé : la convention collective. Elle a transformé l’UMIH en négociatrice. C’était en 1997. Et c’est seulement depuis que l’UMIH est engagée dans les négociations sociales.

Comprenons bien. L’UMIH a toujours défendu les intérêts des entreprises du secteur. Mais, à l’occasion des négociations de la convention collective, nous sommes devenus un « partenaire social » incontournable dans le cadre des négociations paritaires. Aujourd’hui, l’UMIH a les meilleurs experts en droit social, permanents et élus, pour négocier, pour vous, les avenants à la convention collective que nous avons imaginée et négociée il y a 20 ans.

 

Second moment-clé, le dossier TVA. A cette époque, nous avons commencé à pratiquer de nouveaux modes de revendication. Nous sommes descendus dans la rue : lever à l’aube, les banderoles, les cornes de brume, un peu de tension avec les CRS pour pimenter le tout… Les manifs, la grève de la TVA, le blocage aux frontières, les cartes postales au Président de la République, la prise de l’Arc de Triomphe... Avec parfois un engagement physique. Il y a eu de vraies épopées qui ont forgé notre caractère de syndicat… musclé. Nous pouvons en être fiers. En même temps, l’UMIH a appris le métier d’influenceur auprès de ceux qui avaient le pouvoir de changer le taux de TVA. Et on les a mis de notre côté. Et puis on a commencé à communiquer beaucoup plus. C’était un début. Et depuis, on n’a jamais cessé ce travail d’influence.

Troisième moment-clé, l’UMIH formatrice. En 2002 –c’est récent- on a créé UMIH Formation. C’était un terrain nouveau pour nous. Aujourd’hui, UMIH Formation forme 25 000 personnes par an. Personne n’oserait parler de formation, initiale ou continue, dans la branche CHRD sans UMIH Formation et sans l’UMIH. On croit que c’est comme ça depuis toujours. Aujourd’hui, tout le monde trouve normal qu’une organisation professionnelle soit directement impliquée dans la formation de ceux qui exercent ses métiers. Notre champ d’action s’est enrichi. Encore une fois… mais c’est toujours au service de nos professionnels. Notre raison d’être est toujours la même.

 

Quatrième moment-clé, on le vit et ce n’est pas fini. C’est notre mission de représenter la profession. Mon ambition, je vous l’ai toujours annoncée, c’était que l’UMIH soit la profession. Nous y sommes. Jusqu’à maintenant on représentait nos adhérents. Ce qui a changé, c’est qu’on parle maintenant pour toute la profession. Mais notre mission, là encore, reste la même. L’UMIH est seulement plus forte.

Cinquième moment-clé, la digitalisation de l’économie. Notre secteur est un des plus impactés par ce mouvement : blockchain, big data, intelligence artificielle... Nous menons un travail d’accompagnement de nos professionnels pour s’adapter à cette évolution qui peut être aussi une formidable opportunité. En même temps, nous demandons équité et transparence pour rétablir des conditions de concurrence loyale. Nos entreprises font ici face à des concurrents sur lesquels on ne peut mettre un nom ou un visage. Quand on parle de la fortune anonyme et vagabonde, on est en plein dedans ! Et contre cette concurrence désincarnée, on ne descend pas dans la rue. On ne va pas manifester contre Booking ou Airbnb. L’économie numérique, ça ne fait que commencer. Et il nous a fallu adapter nos moyens de riposte. Pour nous défendre, nous nous battons sur le terrain de la normalisation. Vous savez comment : en nous positionnant sur le terrain médiatique et réglementaire. Et en faisant toujours des propositions. C’est une évolution très importante. Mais si les moyens sont différents, là aussi, le but est inchangé.

 

Le sixième moment-clé, c’est celui que nous vivons actuellement. L’UMIH prend la tête de la filière touristique parce qu’elle a vocation à le faire. Derrière, les enjeux sont énormes et je veux que chacun en prenne conscience. Un de ces enjeux, c’est d’arriver à unifier des branches professionnelles. Elles sont déjà nombreuses à avoir compris qu’elles partageaient des intérêts avec nous. Avec l’hôtellerie de plein air, les tour operators, les agents de voyages, les transports de voyageurs, les transports fluviaux, les loueurs de voitures, nous avons fondé la Confédération des Acteurs du tourisme. Ses membres ont choisi leur président : c’est le président de l’UMIH. Je tiens à vous dire que la CAT a reçu un écho très favorable du Comité interministériel du Tourisme. Ils ont bien compris que quand le tourisme gagne, c’est la France qui gagne.

Et puis, dans le futur, d’autres combats apparaîtront encore. L’UMIH sera toujours là.

 

Durant ces trois jours, Joël Oudin et l’UMIH 51 qui nous accueillent, ont mis les petits plats dans les grands –ou les bouteilles dans les vasques- pour qu’on se souvienne de notre 65è congrès. Tu l’as voulu, ce congrès Joël… On y est. Il suffit de passer devant ta devanture à Reims pour comprendre ton attachement à l’UMIH.

Nous vivrons des temps forts comme c’est la règle lors de chacun de nos congrès. Bien sûr, ce congrès sera riche des travaux des branches. Nous aurons plusieurs occasions de faire le point sur toutes les grandes questions qui nous mobilisent actuellement. Je pense notamment aux Assises de la restauration qui ont débuté en octobre. Un point d’étape nous sera présenté durant ce congrès. Je pense aussi aux Assises de la ruralité que nous préparons en ce moment et qui auront lieu en avril 2018 à Rodez. Leurs travaux doivent inspirer la profession pour les prochaines années.

Quant à l’actualité de l’UMIH en 2017, vous pourrez le constater en entendant le rapport d’activité, elle est riche de dossiers, d’actions et de succès.

Le congrès de l’UMIH, c’est aussi une occasion d’ouverture ; et d’échanges que nous aurons avec nos invités. Je pense en particulier à la venue du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Il prendra la parole cet après-midi à 16 h45. Je compte sur votre présence très nombreuse.

Autre temps fort, ce sera l’intervention du philosophe Charles Pépin cet après-midi à 14 h 30. Je trouve utile que nous nous ouvrions à des personnalités venues d’autres horizons. Je crois que cela apporte une profondeur à notre congrès. Et je sais que vous appréciez ces moments.

Jeudi, on aura le plaisir de recevoir le sociologue Jean Viard sur le tourisme. Ce sera suivi d’une table ronde sur le thème « quel avenir pour nos métiers et nos diplômes ? ».

Encore une fois, je remercie Joël Oudin et tous ceux de l’UMIH 51 qui se sont tant impliqués dans la préparation de ce 65è congrès. A tous, je souhaite un congrès plein de bulles.

 

Je déclare officiellement ouvert le 65è congrès de l’UMIH.