Formation des jeunes dans nos établissements : l’accueil des mineurs menacés

29/03/18

L’UMIH a adressé un courrier à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, pour demander de clarifier le plus rapidement l’accueil des mineurs en formation dans nos établissements.

En, effet, alors que de nombreux contrats entre les entreprises et les jeunes sont en train d’être finalisés, la DGT a publié une note en date du 2 mars 2018 qui inquiète beaucoup les professionnels cafetiers, hôteliers, restaurateurs. Jusqu’à présent, la nécessité d’un agrément pour les établissements CHR accueillant des mineurs visait exclusivement les jeunes alternants ou stagiaires affectés au service du bar, donc en contact direct avec les boissons alcoolisées.

La présente note donne une interprétation beaucoup plus stricte de la réglementation et apporte une contrainte supplémentaire aux chefs d’entreprise et aux jeunes, bien loin de l’esprit de simplification porté par le Gouvernement. Elle stipule que :

  • Aucun mineur, quel que soit son statut, ne peut avant ses 16 ans effectuer une période de formation pratique au titre d’une certification dans un débit de boissons. Ce sont près de 9 000 jeunes qui ne sont plus en mesure de trouver une entreprise dans le cadre de leur cursus et qui s’orienteront vers d’autres filières.
  • Pour les mineurs de plus de 16 ans et de moins de 18 ans, indépendamment du poste d’affectation du jeune, l’exploitant doit obtenir un agrément dérogatoire. Ainsi, un professionnel accueillant un apprenti cuisinier dans un restaurant ayant une « licence restaurant » doit désormais demander un agrément au préfet ! Cette disposition concerne plus de 40 000 jeunes.
 

Ce texte est un véritable frein au développement de la formation par alternance dans la branche HCR. Beaucoup de chefs d’entreprise ne seront pas en mesure de répondre à cette nouvelle complexité et refuseront d’accueillir un jeune dans leur établissement.

L’UMIH a également échangé avec la DGT sur ce sujet qui doit revenir vers l’UMIH la semaine prochaine.